Un blason qui fait sens pour Auvergne-Rhône-Alpes

Un blason qui fait sens pour Auvergne-Rhône-Alpes

© Matthieu Casali / Région Auvergne-Rhône-Alpes

Doctorant en histoire, Matthieu Casali est également féru d’héraldique et s’est prêté au jeu de la conception d’un blason pour la nouvelle entité territoriale que constitue Auvergne-Rhône-Alpes. Explications.

Matthieu Casali habite en Lorraine, mais en tant que passionné d’héraldique, cela ne l’a évidemment pas empêché de concevoir et proposer de nouvelles armoiries pour plusieurs régions… parmi lesquelles Auvergne-Rhône-Alpes ! Avec sa complicité, la Région est désormais dotée d’un blason.

  • Comment avez-vous eu l’idée et l’envie de réaliser des armoiries régionales pour Auvergne-Rhône-Alpes, alors que vous vivez en Lorraine ?

Pour la petite anecdote, j’étais en vacances dans les Alpes, en randonnée, lorsque j’y ai pensé pour la première fois. Depuis plusieurs années, je m’intéresse à l’héraldique et je n’ai pas réfléchi qu’au blason d’Auvergne-Rhône-Alpes, mais aux armoiries possibles pour six des nouvelles régions.

J’ai fait ces propositions comme on lance des bouteilles à la mer : je suis très heureux que la Région Auvergne-Rhône-Alpes se soit emparée de la question. Le blason que j’ai dessiné a donc été soumis à la commission nationale d’héraldique. Cette commission est constituée d’experts qui vérifient que la proposition respecte bien les règles de l’art.

  • Comment avez-vous eu l’idée de ce blason-là, précisément ?

Il est très cohérent par rapport aux territoires qui composent Auvergne-Rhône-Alpes. J’ai regardé des cartes de la région et des anciennes provinces. Il m’a semblé que l’Auvergne, la Savoie, le Lyonnais et le Dauphiné ressortaient comme des entités fortes de cet ensemble territorial. Je me suis également inspiré des blasons déjà existants de la Gendarmerie nationale.

Afin de créer ce blason, j'ai fait le choix d'un écartelé*. Le blason est ainsi coupé en quatre quartiers égaux. J’ai repris les armoiries de ces grands territoires, et je les ai positionnées en essayant d’être le plus logique possible par rapport à la situation géographique et au placement des couleurs : le fond rouge (« gueules ») pour le Lyonnais en bas à gauche et la Savoie, en haut à droite ; et le fond jaune (« d’or ») pour l’Auvergne, en haut à gauche, et le Dauphiné en bas à droite. Les écartelés ne tombent pas toujours aussi bien ! La seule règle de composition absolue est de ne pas mettre émail sur émail ou métal sur métal, c'est-à-dire de respecter l'alternance métal sur émail, et vice versa. De manière à ne pas surcharger l’ensemble, la bande supérieure bleue avec ses fleurs de lys, qui figure sur les armoiries lyonnaises, a été abandonnée.

  • Quel est l’intérêt de réaliser un nouveau blason au début du XXIe siècle ?

En France, beaucoup de personnes continuent à faire systématiquement le lien entre héraldique et noblesse, ce qui est ridicule. Pour prendre l’exemple de la Suisse, chaque canton a son blason, et cela ne pose de problème à personne ! Se doter d’un blason est une manière d’ancrer une institution dans l’histoire. C’est un marqueur d’identité, très codifié, qui a une cohérence, qui suit une continuité historique et a un sens précis. Et cela n’empêche nullement d’avoir par ailleurs un logo très contemporain, adapté à une communication de notre temps. Le blason n’a justement pas cette vocation.

Les deux ne doivent donc être ni opposés ni comparés. Un blason n’est pas passéiste : c’est plutôt un marqueur intemporel, tout comme, par exemple, les symboles de la République que sont le drapeau tricolore et la devise « Liberté, égalité, fraternité », qui sont des repères fixes.

(*) Écartelé : En héraldique, division en quatre parties égales, par un coupé et un parti (ligne verticale et ligne horizontale). Chaque partie est appelée « quartier ».

Blasonnement

Écartelé : au premier d’or au gonfanon de gueules bordé de sinople (Auvergne) ; au deuxième de gueules à la croix d’argent (Savoie) ; au troisième de gueules au lion d’argent (Lyonnais) ; au quatrième d’or au dauphin d’azur, crêté, barbé, loré, peautré et oreillé de gueules (Dauphiné).

© Matthieu Casali

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