La reconquête des déserts médicaux, une priorité régionale

La reconquête des déserts médicaux, une priorité régionale

Répondant à un enjeu fort de santé publique, la Région Auvergne-Rhône-Alpes met en place un ensemble de dispositifs incitatifs visant à reconquérir les déserts médicaux et à renforcer son action, en particulier en zone rurale.

Le message de Laurent Wauquiez a été clair et volontariste, lundi 11 septembre, à l’heure de présenter les mesures prises par la Région Auvergne-Rhône-Alpes regroupées en un véritable plan de lutte contre la désertification médicale : « Si tout le monde se renvoie la balle, on va vers des lendemains qui seront compliqués ! C’est pour cela que, même si ce n’est pas une compétence obligatoire de la Région, nous avons décidé d’agir, dès janvier 2016, étant convaincus que l’égal accès aux soins sur l’ensemble de nos territoires est un enjeu crucial. » Précisons qu’à l’heure actuelle, 1 médecin sur 5 a plus de 60 ans et que de nombreux territoires, en particulier en zone rurale, font face à des difficultés croissantes en matière d’accès aux soins.

La présentation des dispositifs mis en place pour endiguer le phénomène de désertification médicale a été présentée dans les murs de l’Hôtel de Région de Clermont-Ferrand, notamment en présence de Martine Guibert, vice-présidente de la Région déléguée aux politiques sociales, à la santé et à la famille, de Brice Hortefeux, vice-président délégué à l’aménagement du territoire et à la solidarité avec les territoires auvergnats et de Sandrine Chaix, conseillère déléguée au handicap.

Des dispositifs pour faire face à la pénurie

Faisant de la reconquête des déserts médicaux l’une des priorités de sa politique de santé, la Région a entrepris de mettre en place plusieurs mesures incitatives.

  • Doublement des aides aux maisons de santé pluri-professionnelles et aux centres de santé : Le soutien aux maisons de santé est passé de 100 000 € par projet à 200 000 €, en investissement. Le doublement de cette aide régionale précieuse pour les zones défavorisées poursuit un objectif chiffré : « celui de soutenir au moins 30 opérations pour un montant globale d’environ 6 M€ en 2017 ».
  • Augmentation du nombre et du montant des bourses aux internes en médecine générale : Pour rendre attractifs les territoires ruraux auprès des futurs médecins, et pour encourager les internes à y effectuer leurs stages, la Région a augmenté le montant de la bourse aux internes de médecine (qui passe de 400 à 500 €) et a augmenté le nombre de bourses attribuées (de 100 à 150 en 2017). Cette bourse bénéficie aux étudiants inscrits dans les facultés de Grenoble, Lyon, Saint-Étienne et, pour la 1re fois cette année, de Clermont-Ferrand.
  • Création d’un dispositif « Présence régionale » pour fixer les jeunes médecins sur le territoire régional : Le Contrat d’engagement de service public (CESP) existant, qui permet aux étudiants en médecine de bénéficier d’une bourse de l’État en contrepartie d’un engagement à servir (pour une durée au moins équivalente) en zone rurale a été renforcé et complété, à hauteur de 300 € mensuels supplémentaires, pendant 2 ans. L’enjeu est naturellement de faire en sorte que les étudiants choisissent comme lieu d’exercice une zone en Auvergne-Rhône-Alpes (attribution à 35 étudiants par an).

Cibler les zones rurales et innover

Afin de renforcer encore son action en zone rurale, la Région crée également un Fonds d’investissement pour les établissements sanitaires situés en zones prioritaires, avec un budget de l’ordre de 3M€ pour 2018, de manière à permettre aux établissements sanitaires d’acquérir des équipements de pointe (un scanner à La Mure, par exemple). Ce fonds pourrait également, à titre exceptionnel, être utilisé pour financer des travaux de modernisation. La Région a également investi pour la création d’une maison de répit (400 000 €), l’extension de la maison des parents des Clermont-Ferrand (200 000 €) ou encore la création de la maison d’accueil du Petit Monde en Beaujolais (200 000 €).

Enfin, dans une dynamique de soutien à l’innovation en matière de santé dans les territoires, une enveloppe de 390 000 € par an est destinée au soutien de projets permettant de concevoir et d’expérimenter des idées innovantes en s’appuyant sur des outils numériques et des technologies nouvelles.

Martine Guibert, vice-présidente déléguée aux politiques sociales, à la santé et à la famille, insiste également sur l’importance d’avoir su fédérer les partenaires autour de ces thématiques de santé publique : « La Région Auvergne-Rhône-Alpes est solidaire. Elle a l’ambition et la volonté de contribuer significativement à la santé de ses concitoyens et elle s’en donne les moyens avec les partenaires qu’elle sait rassembler. Cette synergie, c’est notre plus grande force ! »

Soutenir les maisons et centres de santé sur tout le territoire

Parmi les mesures phares mises en place dans le cadre du plan régional de lutte contre la désertification médicale, le doublement des aides aux projets des maisons de santé pluri-professionnelles et centres de santé est un dispositif emblématique, portant de 100 000 € à 200 000 € l’aide régionale potentielle. Les besoins restent particulièrement importants, mais Auvergne-Rhône-Alpes est la 1re région de France en nombre de maisons et centres de santé sur son territoire. Par ailleurs, la Région a financé 45 maisons et centres de santé supplémentaires depuis 18 mois. Au total, d’ici fin 2017, 60 centres et maisons de santé auront été financés depuis le 1er janvier 2016.