Des boutons d’alerte déployés pour lutter contre les violences faites aux femmes

© Charles Pietri
Les nouvelles mesures prises par la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour lutter contre les violences faites aux femmes ont été présentées mercredi 24 novembre à l’Hôtel de Région de Lyon.

Un dispositif inédit de déploiement de boutons d’alerte connectés et non-visibles, à destination des femmes en situation d’insécurité, est mis en place par la Région qui a également présenté, le 24 novembre, l’ensemble des mesures régionales pour lutter contre les violences faites aux femmes.

La veille de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes (le 25 novembre), les dispositifs mis en place par la Région ont été présentés par Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, accompagné de Marie-Pierre Montoro-Sadoux, vice-présidente déléguée à la jeunesse, à la famille et aux séniors, Renaud Pfeffer, vice-président délégué à la sécurité, et Sandrine Chaix, vice-présidente déléguée à l’action sociale et au handicap.

Parmi les nouvelles mesures qui viennent renforcer le plan régional de lutte contre ce phénomène, initié en 2019, un dispositif inédit a été présenté : le déploiement de boutons d’alerte connectés et non-visibles à destination des femmes en situation d’insécurité. Laurent Wauquiez a précisé : « Les violences faites aux femmes, c’est un phénomène qui s’aggrave et sur lequel on ne doit pas céder à la fatalité. On mise sur la prévention avec un gros travail au sein des lycées auprès des jeunes et des acteurs du terrain. On agit également pour la protection, avec ces boutons d’alerte qui sont une première en France pour une Région. On veut avec cette innovation faire bouger les choses au niveau national. Il faut casser le mur du silence et travailler tous ensemble. La génération qui vient doit être celle où ces violences cessent. »

Une première expérimentation est lancée

La Région développera ainsi, en partenariat avec les associations de l’ensemble du territoire telles que France victimes 01 et Savoie de Femmes, une expérimentation par l’acquisition de 1 000 boutons d’alerte (lire en encadré ci-dessous).

Par ailleurs, la Région a annoncé développer de nouveaux partenariats pour sensibiliser sur la question des violences faites aux femmes. Trois projets sont en cours d’élaboration :

  • Un partenariat avec l’ASVEL Féminin et le projet « La Capitaine de ta vie », en lien avec Marie-Sophie Obama, présidente du club. Cette démarche consiste notamment à former des femmes chefs d’entreprises, à accompagner de jeunes lycéennes pour les aider à s’imposer dans des sports considérés comme masculins et à soutenir la reconstruction de femmes dans leur parcours de vie.
  • Un partenariat avec les Chambres consulaires pour la mise en place de mesures dans les entreprises de la région. Parmi les pistes envisagées, il sera proposé aux entreprises de développer une politique en leur sein pour lutter contre les violences domestiques, en lien avec la Région, et de mettre en place des pratiques telles que des emails dédiés à cette question ou du personnel consacré à l’accueil aux victimes.
  • Le renforcement des liens avec les associations et les acteurs du territoire par l’organisation des Assises sur la lutte contre les violences faites aux femmes avant l’été 2022. Les objectifs de cette rencontre seraient de repérer et de mettre en avant les initiatives conduites en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, mais aussi d’identifier et de mieux couvrir les besoins des victimes et des associations.

Renforcement des dispositifs déjà opérationnels

Enfin, les dispositifs régionaux déjà existants seront également renforcés : 160 millions d’euros seront investis sur le mandat pour poursuivre la politique de sécurisation des transports, un objectif de 300 hébergements d’urgence supplémentaires pour les femmes victimes de violences et leurs enfants a été fixé, pour atteindre le seuil de 500 logements financés, et la politique de sensibilisation auprès des lycéens se poursuivra, notamment avec Filactions qui sera amené à former les agents de la Région face aux situations de harcèlement dans la rue.

Boutons d’alerte : comment ça marche ?

Ces petits mécanismes permettent d’envoyer un SMS géolocalisé à 5 proches simultanément, d’enregistrer les bruits et de détecter les chutes. Ils ont le grand avantage de pouvoir être portés de manière très peu visible et de permettre aux femmes victimes de nouer un lien avec l’extérieur en toute discrétion.

Leur capacité d’enregistrement et de détection des chutes pourra permettre d’obtenir des éléments matériels lors de procédures judiciaires quand bien souvent ces derniers font défaut dans les affaires de violences conjugales. L’entreprise Monsherif, qui conçoit ces appareils, les produit et fabrique dans la région à Marcilly-d’Azergues.

© Charles Pietri

Retour en haut de page