Des nouveautés pour la saison 2022 à la Maison d’Izieu

@ Marc Chatelain

La Maison d’Izieu rouvre ses portes le 14 février avec plusieurs nouveautés pour 2022 : une expérience immersive intitulée « Les lueurs d’Izieu », mais aussi des ateliers pour les 8-13 ans et de nouvelles reproductions de dessins et de lettres d’enfants, en plus de la grande exposition temporaire présentée jusqu’au 28 août.

La Maison d’Izieu, dans l’Ain, ouvre ses portes au public pour sa saison 2022. En plus de l’exposition « Gurs 1940, expulsion et assassinat de la population juive du sud-ouest de l’Allemagne », le public est invité à découvrir plusieurs nouveautés :

Une expérience immersive : « Les Lueurs d’Izieu »
Expérience poétique et immersive à 180 degrés, Les Lueurs d’Izieu mêle réalité augmentée et lightpainting (« peinture avec la lumière »). Ce projet a été réalisé par Robin Shuffield, avec une mise en lumière par Jadikan, en collaboration avec la Maison d’Izieu. Il permet de retracer un pan de l’histoire de la vie à la Colonie d’Izieu, en 3 épisodes de 5 minutes.

© Maison d’Izieu

De nouvelles reproductions de dessins et de lettres d’enfants
Les reproductions des dessins et des lettres des enfants ont été intégrées à la muséographie de la Maison d’Izieu dès 1994. En 2021, la Bibliothèque nationale de France (BnF) a réalisé une nouvelle numérisation, qui a permis de les remplacer par des reproductions de grande qualité, grâce à un partenariat avec la société Canson.

Pour la première fois depuis 1944, 22 lettres et dessins originaux des enfants de la Maison d’Izieu reviennent donc sur leur lieu de création. Issus de la collection Sabine Zlatin conservée à la BnF et du Fonds Serge Klarsfeld, ces dessins et lettres sont un véritable trésor, dont certains n’ont encore jamais été dévoilés au grand public. Porteurs de messages d’espoir, symboles de vie, devenus archives historiques, ils ont été donnés par la directrice de la Colonie Sabine Zlatin à la Bibliothèque Nationale en 1993. Ces documents seront exposés du 6 avril au 6 juillet dans un nouvel espace du musée : la galerie Zlatin. L’inauguration de l’exposition, le 6 avril, sera précédée de la cérémonie commémorative en mémoire des 44 enfants et 7 adultes raflés le 6 avril 1944.

Un lieu d’histoire et de mémoire
Enfin, le public retrouvera aussi, en extérieur, la grande exposition temporaire « Gurs 1940, expulsion et assassinat de la population juive du sud-ouest de l’Allemagne ». Sami Adelsheimer, Theodor Reis, Fritz Löbmann, Otto Wertheimer, Max Leiner, Arnold Hirsch et Egon Gamiel sont des enfants, âgés de 5 à 16 ans, réfugiés à la Maison d’Izieu lors de la Seconde Guerre mondiale, alors que leurs familles avaient été déportées d’Allemagne vers le camp de Gurs dans les Pyrénées atlantiques.

Le refuge d’Izieu avait été alors ouvert par Sabine et Miron Zlatin en mai 1943, pour soustraire des enfants juifs des persécutions antisémites, jusqu’en avril 1944, date funeste à laquelle 44 enfants et leurs éducateurs furent arrêtés par Klaus Barbie, un des responsables de la Gestapo de Lyon, pour être tués.

www.memorializieu.eu

L’exposition temporaire à découvrir jusqu’au 28 août

L’exposition Gurs, retardée en raison de la crise sanitaire, est accessible depuis 2021 grâce à la Maison de la Conférence de Wannsee à Berlin, la Maison d’Izieu, la Région Auvergne-Rhône- Alpes, le Land du Bade-Wurtemberg et le consulat général d’Allemagne à Lyon. Elle retrace une facette du génocide à l’occasion des 80 ans de « l’opération Bürckel ». Cette exposition est présentée en plein air dans le verger, qui est situé derrière la maison.

Les 22 et 23 octobre 1940, plus de 6 500 hommes, femmes et enfants juifs du pays de Bade, du Palatinat et de Sarre en Allemagne sont expulsés vers le camp de Gurs, dans le sud de la France, au cours de l’une des premières déportations systématiques organisées par les nazis. Un grand nombre de déportés meurent dans ce camp ou dans d’autres camps du sud de la France.

À compter de l’été 1942, les personnes internées à Gurs sont déportées dans les camps d’extermination en Europe de l’Est où elles sont assassinées. Peu d’entre elles en reviennent. Cette déportation de Juifs allemands vers la France, unique dans l’Europe occupée par les nazis, est restée dans l’histoire sous le nom d’opération Bürckel. Sept familles d’enfants accueillis à la Colonie d’Izieu furent prises dans cette rafle.

© V. Panici / Maison d’Izieu

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