L’Ain préserve sa nature sauvage

L’Ain préserve sa nature sauvage

Matin brumeux de la fin de l'été dans la Vallée. Andréa Aubert
Biches surprises au lever du jour dans la vallée de la Valserine. Andréa Aubert
Les falaises de calcaire surplombent la vallée de la Valserine (Ain) Andréa Aubert
Colchiques dans les prés dans la vallée de la Valserine. Andréa Aubert
La qualité des eaux de la Valserine est réputée. Andréa Aubert
La Valserine est un bon réservoir de truites pour les pêcheurs qui veillent à sa préservation. Andréa Aubert
Marc Olivier-Souleyrol du Pnr veille à la rivière quotidiennement. Andréa Aubert
La Valserine est une rivière très appréciée des pêcheurs. Andréa Aubert
Les galets polissent les marmites de la rivière le long de la Valserine Andréa Aubert
Les Pertes de la Valserine attirent les touristes. Andréa Aubert
Dentelle de calcaire dans les Pertes de la Valserine (Ain) Andréa Aubert
Les marmites sont creusées dans le calcaire par l'eau tourbillonnante. André Aubert
Entièrement reconstruit après la guerre, le Pont de pierre surplombe la Valserine Andréa Aubert
Le pont de Rouffy, enjambe la Valserine depuis 1600. Andréa Aubert
Le village de Lelex dans le Parc naturel du Haut-Jura. Andréa Aubert

La Valserine est la 1re rivière française labellisée "Site rivière sauvage". Le Parc naturel régional du Haut-Jura, à cheval entre Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté, veille à sa préservation et prépare le renouvellement de ce label convoité.

Dominée par les Crêts du Jura, à deux pas de la frontière suisse, la Valserine prend sa source dans une pâture humide, cernée de grands arbres et, après une succession de cascades, de marmites et de pertes réputées dans toute la région, termine sa course dans les bras du Rhône à hauteur de Bellegarde dans l’Ain.

La Valserine bénéficie depuis 2014 du label « rivière sauvage », « une reconnaissance rare que le département de l’Ain, aux côtés du Parc naturel du Haut-Jura, des communes, des pêcheurs,et de l'association European Rivers Network, a obtenu grâce à un important travail sur le terrain » explique Bertrand Devillers, chargé de mission au PNR.
Son cours traverse le territoire de douze communes, sur 48 km, mais ne croise que quatre zones urbanisées, Mijoux, Lelex, Chezery-Forens et Bellegarde, ce qui explique en partie son caractère naturel préservé.
La formation des Alpes a modelé le paysage du Jura que nous connaissons aujourd’hui, dessinant les vallées, plateaux et combes. L'érosion des glaciers et de l'eau de la Valserine ont poursuivi ce modelage de la roche constituée de calcaire, dont les célèbres « Pertes de la Valserine » situées en bordure de Bellegarde.

La vallée, longtemps recouverte de forêts, a été déboisée à la fin du Moyen-âge, par les familles du pays de Gex qui montaient leurs troupeaux en altitude. Les premières habitations, occupées seulement l’été, servaient à la fabrication du fromage. L’habitat est marqué par la rudesse du climat, murs épais, ouvertures étroites et toits à 4 pentes pour résister à la neige et au vent. L’agriculture locale reste tournée vers cette activité fromagère de qualité (bleu de Gex, comté, Morbier, Mont- d’or…). Sur les routes, on peut encore croiser jusqu’à deux fois par jour le camion-citerne de la collecte. Le lait utilisé provient uniquement des élevages situés sur le territoire qui doivent répondre à un cahier des charges strict de l’AOP.

Connue sous le nom de « chemin des Espagnols », la vallée de la Valserine a servi de frontière entre la France et la Franche-Comté rattachée à la couronne d’Espagne au 16e siècle, puis entre la Savoie et la Suisse. Elle est aujourd’hui appréciée des touristes. Plusieurs itinéraires de randonnées sont proposés aux marcheurs et aux cyclistes, et les pêcheurs viennent y taquiner la truite.
Organisé en association, le groupement de pêcheurs "Valsemine" est d’ailleurs très actif dans la protection de ce cours d’eau et a largement contribué à l’obtention du label « Site rivière sauvage ». Ce sont eux qui déterminent la taille des poissons autorisés à la pêche ou encore les dates d’ouverture de la saison.
« Le label a délivré un message aux habitants et aux collectivités pour la préservation de ce joyau aquatique » se réjouit Bertrand Devillers.

L'année 2019 sera consacrée à la réalisation du bilan du premier contrat de Rivière Sauvage et au renouvellement du label. « Le premier contrat a notamment permis de réaliser des études et travaux sur les rivières du bassin versant de la Valserine, pour restaurer la continuité écologique et la morphologie, traiter des dépôts sauvages de déchets ou encore gérer des foyers de plantes invasives, mais aussi communiquer sur la nécessaire préservation de ce patrimoine d’exception. Les actions du second contrat seront aussi définies avec l’ensemble des acteurs concernés » explique l’ingénieur.

Sur le terrain, Marc Oliver-Soulayrol, le technicien rivière du PNR, assure la veille et participe aux différentes campagnes pour mener des études sur le fonctionnement des rivières, l'entretien des berges mais aussi l’état de la biodiversité : "Le crapaud sonneur et le cincle plongeur, un passereau qui trouve sa nourriture sous l'eau, sont les deux espèces emblématiques du parc " explique-t-il. Des écrevisses à pattes blanches, une espèce protégée car menacée d’extinction, lui ont été récemment signalées…et sont autant d’indications de la bonne qualité des eaux.

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