Dans le cadre de sa feuille de route « Mobilités positives du quotidien – Cap sur 2035 », la Région a approuvé les grandes orientations de ses 4 premiers projets de Services express régionaux métropolitains.
À l’été 2024, 6 projets de Services express régionaux métropolitains (SERM) en Auvergne-Rhône-Alpes ont été labelisés. La Région a validé le 2 avril 2026 les grandes orientations des 4 premiers projets consolidés (Clermont-Auvergne, Saint-Étienne, Grenoble et Chambéry) franchissant une étape décisive en vue de l’obtention de leur statut et de leur mise en œuvre. Cette étape ouvre la voie à la poursuite de leur mise en œuvre, avec l’engagement des premières opérations dans les prochaines années.
Une vision multimodale très forte
Le SERM vise à repenser l’organisation de l’espace public afin de simplifier les déplacements et favoriser le développement des mobilités durables. C’est une sorte de RER à l’échelle métropolitaine avec le ferroviaire (TER) en guise de colonne vertébrale. Il proposera une offre périurbaine de trains renforcée, mieux articulée aux cars express, bus et tramway ou encore au vélo, à la marche, au covoiturage notamment à travers des pôles d’échanges multimodaux, des solutions de rabattement et une évolution des systèmes tarifaires. Il participera à désengorger les métropoles et réduire les émissions de carbone. Il contribuera à améliorer l’accès à l’emploi et aux services et renforcer l’équité territoriale.
Un déploiement progressif
Le déploiement des SERM est prévu de manière progressive, avec différentes phases permettant une montée en charge des services dans le temps. Le premier à être mis en service sera celui de « Clermont-Auvergne », dont le démarrage est prévu à l’horizon 2029.
Le SERM Clermont-Auvergne
Conçu à l’échelle d’un territoire étendu, le projet Clermont-Auvergne s’appuie notamment sur l’étoile ferroviaire clermontoise, qui constitue la colonne vertébrale des déplacements, afin de mieux relier les habitants aux principaux pôles d’emploi, de formation et de services.
Aujourd’hui :
- 2 axes ferroviaires hétérogènes : un axe nord – sud absorbant l’essentiel des flux + un axe est – ouest et des dessertes fines,
- un réseau routier dense mais congestionné dans certains points d’entrée des centralités urbaines A71, A75 et A89,
- une offre d’autocars à dominante scolaire peu attractive.
Demain :
- Penser l’offre pour chaque territoire, centralités urbaines (Clermont-Ferrand, Vichy, Riom, Issoire, Thiers), bassins d’activités, villes périurbaines tenant compte du dynamisme de la plaine de Limagne et du val d’Allier,
- faire de l’offre ferroviaire la colonne vertébrale des mobilités (cadencements à la demi-heure, renforcement de l’offre, création de haltes),
- enrichir l’offre routière et de lignes de covoiturage,
- développer les pôles d’échanges multimodaux,
- améliorer l’accueil, la sécurité, l’accessibilité et les services dans les 30 gares du territoire, les pôles d’accès aux bassins d’activité.
Bénéfices :
- + 78 % de la population à 10/15 minutes d’une gare, existante ou en projet, desservie par une offre SERM,
- + 30 % de la population à moins de 10 minutes d’un arrêt de cars express.
Le SERM stéphanois
Le SERM stéphanois repose sur des liaisons ferroviaires déjà fortement utilisées, en particulier vers le lyonnais, concentrant une part importante des déplacements quotidiens domicile-travail. Le projet vise à en améliorer la fréquence, la régularité et la lisibilité, afin de proposer une alternative plus efficace aux déplacements routiers.
Aujourd’hui :
- Un usage encore très marqué de la voiture,
- 2 axes autoroutiers supportant l’essentiel des flux, sur A47 et A72,
- un niveau d’offre TER élevé sur la branche entre Lyon et Saint-Étienne, mais fragilisé par les aléas climatiques (vallée du Gier),
- une perception de l’offre TER de moindre qualité sur les autres branches,
- manque d’attractivité de l’offre de cars, qui souffre de la congestion sur les grands axes.
Demain :
- Le choix d’un SERM spécifique, distinct de celui de Lyon,
- renforcement du volet ferroviaire en heures de pointe comme en heures creuses, et l’ajout de circulations plus tôt le matin et plus tard le soir (le nombre de trains quotidiens pourrait passer de 190 à 440 à l’horizon 2045),
- amélioration de la fiabilité (signalisation, points de croisement…),
- mise en place de 4 lignes de Cars Express et renfort de l’offre cars existante,
- création d’une nouvelle halte ferroviaire et confortement des pôles d’échanges,
- évolution vers une tarification plus intégrée.
Bénéfices :
- 30 % d’habitants supplémentaires à moins de 15 minutes en voiture d’un arrêt de transport collectif desservi à la demi-heure,
20 % d’emplois supplémentaires accessibles à moins de 15 minutes en voiture d’un arrêt de transport collectif desservi à la demi-heure.
Le SERM de l’aire grenobloise
Le SERM de l’aire grenobloise vise à répondre aux difficultés de circulation rencontrées quotidiennement sur le territoire, marqué par une forte attractivité et des déplacements nombreux entre les secteurs périurbains et le cœur de l’agglomération. Il prévoit d’améliorer la fréquence et la fiabilité des dessertes ferroviaires afin de faciliter les déplacements du quotidien.
Aujourd’hui :
- Un territoire historiquement innovant avec des politiques de mobilités développées,
- un trafic autoroutier important sur A480, A41 et un contournement Sud de Grenoble saturé en heures de pointe avec un risque d’asphyxie,
- une étoile ferroviaire structurante mais vieillissante, souffrant d’un manque de fiabilité et de ponctualité,
- une offre de cars avec des potentiels à exploiter pour des dessertes en dehors des publics scolaires.
Demain :
- Cadencement de l’offre ferroviaire (plus de capacité, amplitude horaire, continuité heures creuses, vers le quart d’heure à l’heure de pointe),
- augmentation de l’offre de cars (niveau d’offre minimal de 10 allers-retours par jour),
- optimisation du maillage des aires de covoiturage et des véloroutes,
- amélioration et développement des pôles d’échanges,
- simplification de la tarification,
- meilleure accessibilité aux grands pôles d’emplois du territoire (centre de Grenoble, Voironnais, Centr’Alp, Crolles-Bernin) aux territoires ruraux et de montagne, vers Lyon et au national,
- réduction de l’étalement urbain grâce à une meilleure articulation urbanisme–mobilités.
Bénéfices :
- + 40 % du périmètre SERM couvert par une offre au quart d’heure en pointe,
+ 13 % des habitants à moins de 15 minutes à pied d’une offre au quart d’heure.
Le SERM de la grande aire urbaine de Chambéry et avant-pays savoyard
Le SERM de Chambéry concerne un territoire alpin marqué par des contraintes géographiques fortes et des flux de déplacements importants entre les vallées et les principaux pôles d’activité. Le projet vise à renforcer l’offre ferroviaire et à en améliorer la régularité pour faciliter les déplacements quotidiens dans un environnement contraint.
Aujourd’hui :
- Des infrastructures routières stratégiques sur-sollicitées pour les déplacements quotidiens,
- aggravation des épisodes de pollution dans les vallées,
- enjeu de développement des trains périurbains,
- un réseau de cars complémentaire mais peu fréquent,
- des inégalités territoriales entre cœur urbain et avant-pays savoyard.
Demain :
- Conforter l’attractivité des pôles d’activités (Technolac, Alpespace, Hexapole) par une meilleure desserte,
- augmenter la fréquence de l’offre ferroviaire (cadencement au quart d’heure sur la dorsale Aix-Chambéry-Montmélian et création de haltes à l’étude Voglans, Chignin, Sainte Hélène-du-Lac et Cognin), sa fiabilité et étendre l’amplitude horaire en tenant compte des aménagements liés au Lyon-Turin,
- renforcer l’offre de cars en complément,
- simplifier l’usage par de meilleures connexions entre les réseaux en coordonnant le rabattement en cars express, vélo, covoiturage et parkings-relais.
Bénéfices :
- + 17 % d’habitants avec un accès à une offre de transport en commun à la demi-heure en 15 minutes à pied d’un point d’arrêt SERM,
- + 63 % des nouveaux emplois attendus se situeront à moins de 3 km d’une gare ou d’une halte.
Un investissement d’ampleur
- Clermont-Auvergne : 1,5 milliard d’euros courants*
- Saint-Étienne : 1,2 milliard d’euros courants
- Grenoble : 1,4 milliard d’euros courants
- Chambéry : 1,2 milliard d’euros courants
Avec sa feuille de route « Mobilités positive du quotidien, cap sur 2035 », la Région engage un effort d’investissement sans précédent pour améliorer concrètement les déplacements des habitants. Elle fait le choix de renforcer les transports collectifs, de développer des mobilités décarbonées et de mieux articuler l’ensemble des modes de déplacement afin de répondre aux besoins du quotidien en Auvergne-Rhône-Alpes. Ils constituent l’un des piliers de cette stratégie. Portant 6 projets de SERM sur les 26 engagés à l’échelle nationale, la Région agit sur l’ensemble de son territoire, en tenant compte des réalités propres à chaque bassin de vie, du Massif central aux Alpes.
* euros courants : valeur au moment où elle est exprimée (avec inflation incluse).