Une histoire

Points de repères historiques

Premiers chefs d'œuvre de l'humanité en Ardèche!

© Alexa Brunet Caverne du Pont d'Arc (restitution grotte Chauvet) en Ardèche

Les dessins de la grotte Chauvet, à Vallon-Pont-d’Arc en Ardèche, sont les premières traces humaines signalées dans la région : en 1994, trois spéléologues ardéchois découvrent l’une des plus anciennes grottes ornées au monde. Elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondiale de l'humanité de l'UNESCO depuis juin 2014.

Mille dessins du paléolithique, dont un majestueux bestiaire composé de 85 animaux, la plupart dangereux : le trésor de la grotte est unique par son ancienneté, sa taille, la qualité et la liberté de son exécution. Quatorze espèces ont été identifiées : ours, rhinocéros laineux, mammouth, lion, panthère des neiges, bœuf musqué, bison, auroch, bouquetin, cerf, renne, cheval et même un hibou.

© Alexa Brunet

Des racines gallo-romaines

© Région urbaine de Lyon Vestiges gallo-romains Saint-Romain-en-Gal

L'Auvergne doit son nom au peuple gaulois des Arvernes, puissante confédération de riches tribus regroupant les Gabales, les Vellaves, les Cadurques dont l'aire d'influence comprenait le Languedoc et l'Aquitaine.
Vercingétorix prend le titre de roi en 52 av. J.-C. D'après les fouilles, sa capitale aurait été située entre Gergovie, Corent et Aulnat. Il bat Jules César en 52 av. J.-C. lors de la bataille de Gergovie, près de Clermont-Ferrand.

500 ans d’occupation romaine
Jules César conquiert la Gaule entre 58 et 52 avant J.-C. : Lugdunum, créée en 43, devient une capitale de la province. On trouve de nombreux vestiges dans la région, dont 200 km d’aqueducs, ou encore les théâtres antiques de Lyon et de Vienne, le temple d'Auguste et de Livie en face du site archéologique de saint-Romain-en-Gal sur plus de trois hectares.
Un temple dédié à Mercure est en cours de restauration au sommet du puy de Dôme. Construit sous le règne de l’empereur Antonin le Pieux, vers 150 après J.-C., c’est l'un des plus grands sanctuaires romains d'occident, lié à la cité Augustonemetum, l’actuelle Clermont-Ferrand. Plusieurs théâtres romains ont été identifiés, dont celui de Nevis-les-Bains et celui du puy Montaudou, ainsi que des thermes à Royat-Chamalières.

Pour aller plus loin :

Un territoire à géométrie variable

Jusqu'à Philippe le Bel, au début du XIVe siècle, le Rhône sert de limite entre le royaume de France et le Saint Empire romain germanique.
Il faut attendre les débuts de la guerre de Cent Ans, en 1349 pour que le Dauphiné soit rattaché à la France.
En 1601, par le traité de Lyon, Henri IV annexe au royaume de France, le Bugey et le pays de Gex.
Ce sera le tour de la principauté de Dombes en 1762 et de la Savoie en 1860 (voir la vidéo ci-dessous).
Du côté du Massif central, l’Auvergne est disputée entre Francs et Aquitains au VIIIe siècle, puis entre les comtes de Poitiers et de Toulouse au Xe.

Les années fastes de la Renaissance

© Région urbaine de Lyon Monastère royal de Brou à Bourg-en-bresse (Ain)

Deux foires annuelles, l’essor de la soierie, lancée par François 1er, puis le rayonnement intellectuel dû à l’installation d’imprimeurs, transforment la vie de Lyon : on en trouve les traces aujourd’hui dans les quartiers de Saint-Jean, Saint-Paul et Saint-Georges, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le fameux chevalier Bayard naît à Pontcharra et sera nommé gouverneur du Dauphiné.
À la Bâtie d’Urfé, Claude d’Urfé, de retour d’Italie, transforme sa résidence en chef-d’œuvre où plus tard, Honoré d’Urfé place l’intrigue de l’Astrée, premier roman pastoral écrit en français. L’église de Brou, chef d’œuvre du gothique flamboyant, construite en 1536à Bourg - en - Bresse, témoigne du bouillonnement artistique de ce temps.
On trouve également de nombreux châteaux côté auvergnat Peufeilhoux de style renaissance périgourdine, Bouzols, Val, Busséol…

Quelques sites historiques à découvrir :

Le boom industriel

© Jean-Paul Bajard

En 1870, à la fin du Second Empire, on compte 100 000 métiers à tisser à Lyon mais davantage dans tous les départements voisins. La soierie est alors une activité régionale (sériculture, filature, moulinage, ourdissage, ennoblissement). La chimie, fille de la soierie, qui a besoin de colorants et de sulfures, se développe à Lyon, Grenoble et dans les vallées alpines.
À Saint-Étienne, l’exploitation du charbon bat son plein et donne naissance aux forges et aciéries. La Manufacture voit le jour.
Plus tard, à Lyon, Berliet créé des automobiles et des camions. À Clermont-Ferrand, l’aventure Michelin débute dans les années 1830 par la fabrication de balles en caoutchouc, avant les pneumatiques. L’usine comptera jusqu’à 15 000 employés en 1920. L’essor industriel en Auvergne est freiné par son caractère montagnard. Le Massif central est alors frappé par un fort exode de sa population.

Sur le web :

La Révolution française dans l'ADN de la région

© Christophe Villard/Musée international de la chaussure de Romans

En 1788, les édits de Brienne réduisent considérablement le pouvoir des Parlements. Celui de Grenoble est le premier à réagir : le 7 juin, le peuple s’en prend aux troupes, tandis qu’au château de Vizille se réunissent les trois ordres, noblesse, clergé et tiers-état.

La Terreur s’abattit sur la ville de Lyon en 1793, faisant 3 000 victimes. Pour punir cette cité récalcitrante, on coupa en deux les départements du Rhône et de la Loire…

C’est aussi à l’Auvergnat, Marquis de Lafayette, que la France doit son emblème tricolore, né de la réunion des couleurs du roi (blanc) et de la ville de Paris (bleu et rouge), peut-être influencé aussi par la révolution américaine qui porte également ces 3 couleurs.

Pour aller plus loin, visitez le domaine de Vizille, musée de la Révolution française près de Grenoble et le château Lafayette en Haute-Loire.

Un esprit de résistance

© Marc Chatelain Mémorial des enfanst d'Izieu (Ain)

À Lyon , proclamée « capitale de la Résistance » par le Général de Gaulle : Henri Frenay y crée le mouvement « Combat », Emmanuel d’Astier lance Libération et Jean-Pierre Lévy fonde Franc-Tireur. Jean Moulin est arrêté à Caluire.
À Izieu, petit village de l’Ain, une maison mémorial évoque la déportation et le massacre de 44 enfants juifs. À Vassieux-en-Vercors, une nécropole rappelle le sacrifice de centaines de jeunes combattants.
En Auvergne, 90 habitants du Chambon-sur-Lignon ont été élevés au rang de « justes parmi les Nations » par l’institut Yad vashem pour avoir sauvé un millier de juifs.
Autres lieux de mémoire : le Mont-Mouchet, le plateau des Glières, près de Thônes, Nantua et les maquis de l’Ain qui défilèrent le 11 novembre 1943.

Pour en savoir plus:

La naissance administrative

C’est au début des années 60 que l’entité administrative régionale consacre les régions : Rhône-Alpes regroupant huit départements et trois puissantes agglomérations : Lyon, Grenoble et Saint-Étienne, tandis que l’Auvergne est constituée autour de la zone d’influence économique de Clermont-Ferrand. En 1972, la région est administrée par un établissement public régional. Elle devient une collectivité territoriale en 1982. Les premières élections régionales ont lieu en mars 1986. Au 1er janvier 2016, s'ouvre une nouvelle étape régionale avec l’union de l’Auvergne et de Rhône-Alpes.