Nateva, une entreprise florissante à Die

Nateva, une entreprise florissante à Die

Bruno Dacosta, un des salariés de l'entreprise Nateva, fourche 250 kilos de sauge desséchée en vue de la distiller. © Michel Pérès
Poignée de sauge séchée. 250 plantes sont commercialisées par Nateva sous différentes formes. Crédit photo : Michel Pérès
Bruno Dacosta surveille l'opération de distillation. Crédit photo : Michel Pérès
Thierry Bizouard et ses équipes ont mis au point une distillerie mobile qu'ils louent ensuite aux agriculteurs pour qu'ils transforment sur place leur plante et garantissent une fraîcheur des produits. Crédit photo : Michel Pérès
Au coeur de l'entreprise Nateva, l'atelier d'extraction. Cette fois, il s'agit de radis noir utilisé comme complément alimentaire utiliser pour purifier le foie. Crédit photo : Michel Pérès
Conditionnement des préparations à base de plantes. © Michel Pérès
Table de conditionnement des préparations à base de plantes, sous forme de sirops destinés au marché espagnol. Crédit photo : Michel Pérès
Le technicien de laboratoire, Julien Vulic, vérifie le rendement en huile essentielle de verveine réceptionnée sous forme séchée et destinée à la production de sachets de tisane. Crédit photo : Michel Pérès
Dans les réserves de Nateva, l'ensemble des productions sont répertoriées. Crédit photo : Michel Pérès

Alors que la Région vient d'adopter son plan pour la filière des plantes aromatiques et médicinales, reportage dans une entreprise de la Drôme.

De la lavande bien sûr mais aussi du thym, de la mélisse, sauge, angélique, échinacée ou encore de la livèche, l’entreprise Nateva créée en 2005 par l’enfant du pays Thierry Bizouard, transforme et commercialise entre 200 et 250 plantes. Et ses résultats sont spectaculaires, en croissance à deux chiffres.

La filière des plantes à parfum, médicinales, aromatiques a le vent en poupe. En France, entre 2000 et 2010, la surface cultivée a augmenté de 15 % quand elle diminuait de 2 % pour le reste des productions agricoles et le nombre d'exploitations a cru de 23 % alors qu'il baissait de 6 % dans les autres secteurs. Cette dynamique s’accélère encore : les surfaces ont augmenté de 26 % entre 2010 et 2015.

La Drôme, historiquement un territoire très agricole et rural, est au cœur de la filière depuis les années 70. A cette époque, des néo-ruraux, dont nombre de Hollandais s’y installent et montent leurs fermes avec souvent un atelier de plantes. L’activité s’est progressivement accrue avec la création d’entreprises valorisant ces plantes.
C’est l’histoire de Nateva « comme nature et valeurs » explique son PDG engagé dans les produits issus de l’agriculture biologique, autre marqueur des productions drômoises.

Pour assoir son activité, il s’est constitué un réseau de près de 200 producteurs, essentiellement locaux mais aussi étrangers, et maîtrise plusieurs métiers : vendeur de matière première, sèche ou fraîche, fabricant de tisane et d’extrait de plantes pour les secteurs de la diététique, cosmétique ou vétérinaire et aussi alimentaire.

Sur 6 millions de chiffres d’affaires en 2017, 40 % sont des produits finis (la plupart sous la marque de clients et distributeurs), 40 % sont des extraits de plantes et 20 % liés à l’herboristerie.
Les perspectives sont excellentes, « nous prévoyons de doubler notre chiffre d’affaires grâce au partenariat noué avec Léa Nature, un leader du domaine » annonce Thierry Bizouard.

Pas facile pourtant, après une installation mouvementée : sur le terrain acquis dans la zone artisanale de Die, il a dû financer le tout à l’égout, le raccordement à l’électricité, au téléphone et réseau haut débit et respecter une espèce protégée la tulipe sauvage…
Déjà agrandie une seconde fois, l’entreprise est à l’étroit dans ses murs et le temps presse pour acquérir du foncier rapidement constructible. Le terrain qu’il convoite est aujourd’hui remis en cause par des fouilles archéologiques…

Ce chef d’entreprise peine aussi à recruter 5 collaborateurs, en plus des 35 déjà salariés en poste et pense que ses effectifs vont doubler dans les 2 à 3 ans à venir.

Rien n’est simple dans le domaine des plantes : la règlementation européenne REACH sur les substances chimiques assimile certaines huiles essentielles à des produits dangereux et impose la constitution de dossiers complexes. « La lavande est classée comme une matière dangereuse » fulmine le chef d’entreprise pour qui « le principe de précaution est poussé à l’extrême ».

Dans ses ateliers, six personnes sont dédiées à la qualité, contrôlant dans le laboratoire d’analyses la teneur des plantes livrées, leurs qualités physico-chimiques et olfactives, le respect de la réglementation et des spécificités de chaque client. 25 % du chiffre d’affaires est réalisé sur les marchés étrangers, un secteur très concurrentiel mais la réputation de la qualité française constitue un vrai atout pour l’entreprise.

A l’étranger il a aussi sécurisé ses approvisionnements : depuis 2015, Nateva est partenaire d'une exploitation ougandaise pour la culture en bio, et la transformation du Lemongrass, Palmarosa et de la citronnelle, dont le projet a reçu le label commerce équitable « Fair for life ». Au Congo, la production de géranium permet d’employer 250 personnes (dont beaucoup de femmes mères célibataires). Des coopérations existent au Népal et d’autres sont en cours de négociation en Somalie et en Erythrée. L’idée directrice étant de conserver la connaissance de la plante, de la racine au produit fini et de garantir la qualité.

L'entreprise Nateva a bénéficié d'une aide régionale pour son plan immobilier et devrait être également soutenue pour ses futures acquisitions destinées à accroître ses capacités de distillation et de conditionnement (près de 142 000 euros sur un montant total de 1.446 M€).

A consulter dans le guide des aides : les aides aux entreprises et en particulier les Aides aux investissements "Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales".

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