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Le panorama économique

Auvergne-Rhône Alpes : une économie dynamique et diversifiée

© Marc Chatelain

Auvergne Rhône-Alpes devient la huitième économie européenne, avec une carte d’identité contrastée.

Auvergne Rhône-Alpes est la huitième région la plus riche d’Europe. Son produit intérieur brut, 239 milliards d’euros en 2012, est comparable à celui du Danemark et supérieur à celui de l’Irlande, du Portugal, de la Finlande et de la Grèce. Dans ce top 8 européen, la nouvelle région figure derrière la Bavière et la Lombardie mais devance la Catalogne.

Son économie est avant tout tertiaire, mais aussi industrielle. Plus de la moitié de la valeur ajoutée régionale est produite par des activités commerciales, logistiques, touristiques. Le tourisme représente 9 % de la valeur ajoutée régionale, soit 140 000 emplois. Les 178 millions de nuitées enregistrées annuellement génèrent plus de 20 milliards d’euros de recettes. La Savoie est le premier département touristique de France. L’Auvergne vient par ailleurs d’être distinguée comme un « joyau méconnu », comme l’une des dix régions du monde à découvrir en 2016 par le guide Lonely Planet !

Auvergne Rhône-Alpes s’affiche comme une des régions les plus industrielles de France avec 18 % de ses emplois salariés ancrés dans des secteurs comme la métallurgie, la chimie, le textile, l’électronique et l’informatique, la plasturgie, l’aéronautique, mais aussi la coutellerie ou le décolletage. Avec des figures de proue comme Michelin, première entreprise industrielle régionale, Schneider Electric, Seb, Somfy.

Malgré sa diversité et ses nombreuses appellations d’origine, l’agriculture est moins présente que dans d’autres régions françaises. Avec 62 700 exploitations, Auvergne Rhône-Alpes monte sur la troisième marche du podium agricole français et décroche la médaille d’argent en agriculture biologique. L’activité agricole représente 2,5 % de l’emploi total et contribue au développement de l’industrie agroalimentaire.

Plus des trois quarts de la population d’Auvergne Rhône-Alpes est en âge de travailler, mais le taux d’emploi est équivalent à celui de la moyenne nationale. Le taux de chômage régional est inférieur à la moyenne nationale mais plus élevé que dans les autres régions européennes les plus industrielles.


Le tertiaire pèse lourd dans l'économie régionale


© Marc Chatelain

Les trois-quarts des habitants actifs de la région Rhône-Alpes Auvergne travaillent dans le secteur tertiaire : les activités de support et de prestations aux industries de production (transports, commerce, tourisme, services, immobilier, finance…), mais aussi les services au public en matière d’éducation, de santé, d’activité sociale, d’administration…
Comme partout en France, les métropoles de la région voient leur économie se « tertiariser ».

Lyon, par exemple, concentre de nombreux services publics d’intérêt régional et a développé une activité financière et bancaire forte. Le centre hospitalier universitaire de Grenoble est, de son côté, le premier employeur de cette aire urbaine.

Enfin, à Clermont-Ferrand, l’essor des services (la Banque de France, par exemple, est le deuxième employeur de l’aire urbaine), de l’université et de la recherche a permis de compenser le recul des emplois industriels.

Ces grandes agglomérations voient notamment se développer en leur sein les fonctions métropolitaines, c’est-à-dire au service de toute la métropole (recherche, gestion, commerce inter-entreprises, culture-loisirs, prestations intellectuelles) et les fonctions présentielles, exigeant une présence humaine auprès des habitants et des touristes (éducation, services de proximité, distribution, santé, action sociale et administration publique).
Ces dernières dominent cependant dans quasiment toutes les zones d’emploi, notamment à l’Est de la région, dans les zones touristiques des Alpes.

Dans le Genevois français également, toute l’économie est tournée vers les services aux résidents : commerce, arts et spectacles, loisirs, hébergement, restauration, enseignement et activités immobilières y sont sur-représentées. Le sud de Rhône-Alpes Auvergne (Aubenas, le Puy-en-Velay) ainsi que le Bourbonnais (Montluçon, Moulins) ont aussi un fort taux de fonctions présentielles.
Ce secteur tertiaire crée ainsi de la richesse : près de 52% de la valeur ajoutée produite dans la région l’est par les entreprises du tertiaire marchand, contre 49,5 % dans le reste du pays (hors Ile-de-France). Cela représente 111 des 240 milliards d’euros du PIB d'Auvergne Rhône-Alpes.


La première région industrielle française

© Juan Robert
Coutellerie à Thiers, décolletage dans la vallée de l’Arve, plasturgie dans la Plastics Vallée d’Oyonnax et sur le plateau de Sainte-Sigolène : l’industrie a de forts ancrages en Auvergne Rhône-Alpes.

La tradition industrielle de la région est ancienne. Et enracinée dans des secteurs comme le textile, la chimie, l’armement, le caoutchouc, l’énergie hydroélectrique.
Avec 490 000 emplois industriels, Auvergne Rhône-Alpes figure au premier rang des régions françaises, mais reste un « poids intermédiaire » en Europe derrière les grands pôles allemands et italiens comme la Bavière, le Bade Wurtemberg, et la Lombardie, qui comptent deux à trois fois plus d’emplois industriels que leur homologue français.

Selon l’INSEE, huit grands secteurs d’activités structurent l’industrie régionale : les produits métalliques, le caoutchouc et les plastiques, les produits électriques et électroniques, la fabrication de machines et d’équipements, la chimie, la pharmacie, le textile, l’agroalimentaire.

La fabrication de produits métalliques représente 3 % de l’emploi régional. Elle est particulièrement présente à Saint-Etienne, dans la vallée de l’Arve (Haute-Savoie), à Roanne et aux Ancizes-Comps (Allier).

L’industrie du caoutchouc et des plastiques totalise 50 000 emplois dont plus d’un cinquième pour le groupe Michelin, premier employeur industriel de la région.
Portée par les groupes grenoblois STMicroelectronics et Schneider Electric, la fabrication de produits électriques et électroniques figure au troisième rang de l’industrie régionale avec d’autres acteurs de poids comme EFI Automotive à Beynost (Ain), Somfy à Cluses (Haute-Savoie), Thales et Crouzet Automatismes à Valence (Drôme), Sagem à Montluçon (Allier).

Rhône-Alpes reste aussi un des fiefs de l’industrie chimique, particulièrement dans la vallée du Rhône. Un pan de l’industrie textile a réussi sa reconversion dans les tissus techniques et du luxe, notamment dans les produits de contention dans le bassin stéphanois. Autre pilier régional : l’industrie pharmaceutique est dominée par des groupes comme Sanofi, BioMérieux, Boiron, Mylan, Bayer, Merck Sharp & Dohme.

L’aéronautique s’affirme comme l’une des forces nouvelles de l’industrie régionale. Ce secteur regroupe 350 sociétés, 30 000 emplois en Rhône-Alpes et en Auvergne avec des fabricants et équipementiers comme Michelin (pneu d’avion), Constellium, Aubert & Duval, Safran, Issoire Aviation (avion composite).

Toutes ces filières industrielles peuvent s’appuyer sur une quinzaine de pôles de compétitivité et une vingtaine de clusters régionaux pour se renouveler et se moderniser. Ces groupes d’entreprises, de centres de recherche et de formation permettent de faire émerger des projets innovants et de nouvelles compétences, en particulier dans les industries créatives et le numérique.